HBM, Saint-Ouen (93)
Implantée dans la continuité des opérations de la ceinture HBM, la résidence s’inscrit dans une logique de production massive de logements sociaux entre 1930 et 1940, à l’emplacement des anciennes fortifications parisiennes. Ce morceau de ville relève d’un urbanisme de frange, où l’îlot se desserre, s’ouvre et s’oriente pour répondre aux principes hygiénistes (ensoleillement, ventilation, traversant), tout en conservant une écriture bâtie continue sur rue.
La réhabilitation s’inscrit aujourd’hui dans une tension propre à ce patrimoine : améliorer des performances énergétiques faibles sur un bâti en brique épaisse, tout en préservant une architecture très identifiée dans le paysage parisien.








Cet HBM est représentatif d’une période préalable au tout béton où le mode constructif et son économie fabriquent l’expression architecturale. Les deux bâtiments, datés de 1933 et 1940, relèvent de cette génération charnière où coexistent plusieurs systèmes constructifs : murs porteurs en brique épaisse (≈33 cm), planchers métalliques avec remplissage plâtre pour le bâtiment A, et systèmes poutrelles-hourdis avec planchers bois pour le bâtiment B. Cette hybridation traduit une période de transition entre techniques traditionnelles et modernité béton.






Le projet de réhabilitation s’appuie sur une lecture fine de l’existant et opère par différenciation des situations. Les façades sur rue, support de l’expression architecturale, sont préservées dans leur matérialité et leurs modénatures, ce qui conduit à privilégier une isolation thermique par l’intérieur. À l’inverse, les façades sur cour, moins contraintes, permettent la mise en œuvre d’une isolation par l’extérieur, intégrant ainsi les exigences contemporaines de performance énergétique sans altérer l’image urbaine du bâtiment.



Cette rationalité constructive s’accompagne d’une écriture architecturale précise, où la brique n’est pas seulement structure mais devient matériau de façade. Les modénatures, obtenues par variations d’appareillage, encadrements de baies légèrement saillants, bandeaux horizontaux ou encore attiques enduits, composent une façade sobre mais expressive. L’ensemble traduit une forme de dignité accordée à l’habitat ouvrier, où l’économie de moyens n’exclut pas une attention portée au rythme, à la proportion et à la matérialité.




À l’échelle du logement, le projet engage une transformation en profondeur. Il combine réhabilitation en site occupé et restructuration en site vide, permettant une recomposition des typologies et une adaptation aux modes de vie actuels. Les distributions sont ajustées, certains logements changent de fonction pour accueillir des espaces communs, et les systèmes techniques sont entièrement repensés avec le passage à une production collective de chauffage et d’eau chaude.





Lieu : 8 rue Claude Monet, 93400 Saint-Ouen-sur-Seine
Maitrise d’ouvrage : Antin Résidences
Budget : 20M€ HT
Mission : Complète + DIAG, Architecte mandataire
Architecte mandataire : litotes-Ithaques
BE TCE : Mecobat
Entreprise générale : Léon Grosse
Patrimoine HBM des années 30
Opération dans le cadre du NPNRU de Saint-Ouen
Restructuration d’une centaine de logements en site vide (opération tiroir) et réhabilitation en site occupé des logements restants
Concertation locataires
Dépollution : amiante et plomb
Mission Complète + DIAG
Architecte mandataire
Surfaces 11900 m2
Performances NF Habitat HQE, label BBC Effinergie rénovation
2018 · Contrat
2024 · Chantier
Julie Cisterne
Camille Thiébaud


